Réglementation · vérifié juillet 2026

Loi Le Meur : ce qui change pour votre location Airbnb

La loi Le Meur (loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024) durcit les règles de la location courte durée en France : abattement fiscal réduit, numéro d'enregistrement national obligatoire, DPE imposé, plafond de nuitées abaissable à 90 jours et pouvoirs renforcés des communes et copropriétés. Voici ce que ça change concrètement.

Guide informatif, pas un conseil juridique. Plusieurs modalités dépendent de décrets d'application et de règles propres à chaque commune. Vérifiez toujours votre situation auprès de votre mairie et, au besoin, d'un professionnel. Dernière vérification : juillet 2026.

Fiscalité : l'abattement micro-BIC baisse

C'est le changement le plus concret pour un propriétaire : l'avantage fiscal du micro-BIC est réduit, surtout pour les meublés non classés.

Type de meubléAvant la loiDepuis les revenus 2025
Meublé de tourisme non classé50 % d'abattement · plafond 77 700 €30 % d'abattement · plafond 15 000 €
Meublé classé / chambre d'hôtes71 % d'abattement · plafond 188 700 €50 % d'abattement · plafond 77 700 €

Au-delà de ces plafonds, le régime réel s'applique (vous déduisez alors vos charges et amortissements réels). Conséquence directe : faire classer son meublé de tourisme— souvent 150 à 300 € — redevient stratégique pour conserver 50 % d'abattement plutôt que 30 %.

Numéro d'enregistrement national obligatoire

Un numéro unique à 13 chiffres, à afficher sur chaque annonce, devient la norme partout en France.

La loi instaure une déclaration préalable sur un téléservice national et un numéro d'enregistrement à 13 chiffres, à faire figurer sur toutes vos annonces, quelle que soit la plateforme (Airbnb, Abritel, Booking…). L'entrée en vigueur est fixée par décret, au plus tard le 20 mai 2026 ; le déploiement du téléservice unique peut être décalé. De nombreuses communes (dont les grandes villes) imposent déjà un enregistrement local — vérifiez le vôtre en mairie.

DPE : la performance énergétique s'impose

Jusqu'ici réservé à la location longue durée, le DPE devient une condition pour louer en meublé de tourisme.

Nouveauté majeure : le diagnostic de performance énergétique (DPE), jusqu'ici exigé pour la location longue durée seulement, s'étend aux meublés de tourisme, avec un calendrier progressif :

  • Depuis 2025, un logement classé Gne peut plus être proposé en meublé de tourisme dans les cas soumis à autorisation de changement d'usage ; les nouveaux meublés concernés doivent être classés A à E.
  • Un calendrier progressif vise ensuite la classe D au minimum d'ici 2034 pour les meublés de tourisme concernés.

Le périmètre exact (zones, biens neufs, changement d'usage) est précisé par décret : vérifiez la classe DPE de votre logement.

Résidence principale : de 120 à 90 nuitées

Votre commune peut désormais abaisser le plafond annuel de location de votre résidence principale.

Vous pouvez louer votre résidence principale jusqu'à 120 nuitées par an. La loi Le Meur permet désormais à toute commune— et plus seulement en zone tendue — d'abaisser ce plafond à 90 nuitées par an. Le dépassement est passible d'une amende pouvant atteindre 15 000 €.

Communes : quotas, zones et changement d'usage

Les maires disposent d'outils élargis pour limiter les meublés de tourisme sur leur territoire.

Les communes disposent d'outils élargis : instaurer des quotas de meublés de tourisme, créer des zones réservées à la résidence principale(où la courte durée peut être interdite ou très encadrée), et étendre l'obligation d'autorisation de changement d'usage à l'ensemble de leur territoire. Deux biens identiques peuvent donc relever de règles très différentes selon la ville.

Copropriété : encadrer, voire interdire

Votre copropriété peut restreindre la location courte durée des logements qui ne sont pas des résidences principales.

Les nouveaux règlements de copropriétédoivent désormais se prononcer explicitement sur l'autorisation ou l'interdiction de la location de tourisme. L'assemblée générale peut, à la majorité prévue par la loi, encadrer voire interdire la courte durée pour les lots qui ne sont pas la résidence principalede l'occupant. Le loueur doit par ailleurs informer le syndic de son activité.

Questions fréquentes

Peut-on encore louer en Airbnb en 2026 avec la loi Le Meur ?

Oui. La loi Le Meur (loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024) n'interdit pas la location courte durée : elle l'encadre — fiscalité moins avantageuse, numéro d'enregistrement national obligatoire, DPE imposé, plafond de nuitées abaissable et pouvoirs renforcés des communes et copropriétés. Les conditions précises dépendent de votre commune et, en copropriété, du règlement.

Quelle fiscalité pour un meublé de tourisme en 2026 ?

Au régime micro-BIC (revenus 2025) : un meublé de tourisme non classé bénéficie d'un abattement de 30 % jusqu'à 15 000 € de recettes ; un meublé classé ou une chambre d'hôtes, de 50 % jusqu'à 77 700 €. Au-delà de ces plafonds, le régime réel s'applique. Avant la loi, l'abattement atteignait 50 % (non classé) et 71 % (classé).

Le numéro d'enregistrement est-il obligatoire pour louer sur Airbnb ?

Oui. La loi instaure une déclaration préalable sur un téléservice national et un numéro d'enregistrement à 13 chiffres, à afficher sur toutes les annonces (Airbnb, Abritel…). L'entrée en vigueur est fixée par décret, au plus tard le 20 mai 2026. Beaucoup de communes imposent déjà un enregistrement local.

Faut-il classer son meublé de tourisme ?

Ce n'est pas obligatoire, mais le classement (généralement 150 à 300 €) permet de conserver un abattement micro-BIC de 50 % au lieu de 30 % et un plafond de recettes plus élevé. Pour beaucoup de propriétaires, c'est vite rentabilisé.

La loi Le Meur s'applique-t-elle partout en France ?

Le cadre national (fiscalité, enregistrement, DPE) s'applique partout. Mais les mesures locales — abaissement du plafond à 90 nuitées, quotas, zones réservées à la résidence principale, autorisation de changement d'usage — sont à la main de chaque commune. Vérifiez toujours auprès de votre mairie.

Trop de règles à suivre ?

Une bonne conciergerie gère pour vous l'enregistrement, le classement meublé de tourisme, le suivi du DPE et le respect des plafonds. Estimez votre bien et trouvez la vôtre, gratuitement.